L'Engadine dans le canton des Grisons

Dans l'Oberland grison, les vallées de l'Engadine s'étendent sur près de 90 kilomètres, jusqu'à la frontière autrichienne. Pays de hautes montagnes, leur altitude moyenne donne le vertige : 1500m. d'altitude ! Les coquets villages de bois et de pierre se regroupent principalement sur la rive Nord de l'Inn, le plus important cours d'eau de la région, un affluent du Danube.

L'Engadine dans les Grisons Même si certains habitants parlent allemand, ici on ne dit pas "Engadine" mais "Engiadina" ou "Engadina", puisque nous sommes dans le berceau de la langue romanche. 25'000 locuteurs romanches vivent ici, entre la Basse-Engadine ("Engiadina Bassa") et la Haute-Engadine ("Engiadin'Ota").

La Haute Engadine (de la Maloja aux gorges de Zernez) est bien sûr la plus célèbre puisqu'elle abrite la station très chic de Saint-Moritz, mais aussi Pontresina, Celerina, Silvaplana ou Sils. Garante d'une longue tradition touristique, c'est dans ses montagnes que s'est développé, dès 1859, le tourisme alpin très couru des Anglais. C'est là aussi qu'est apparu le saut à ski et même le bobsleigh.

Pays de hautes montagnes, de lacs et de glaciers, c'est l'une des régions habitées les plus hautes du continent… et son climat, l'un des plus rigoureux de Suisse, atteignant parfois la température de -35°C lorsque le vent hurlant s'engouffre dans ses vallées. En hiver, on se réchauffe en dégustant de solides spécialités locales, telles la tarte aux noix et la soupe aux choux.

Après la cluse de Brail commence la Basse-Engadine (de Zernez à la frontière autrichienne du Tyrol). En-dehors des traditionnels circuits touristiques, cette région a su conserver un charme simple et naturel, encadrée de sommets vertigineux : le Piz Kesch à 3418 m. d'altitude, le Piz Languard à 3262 m. et le Piz Bernina, le plus haut à une altitude de 4049 m.

C'est en Basse-Engadine enfin que se blottit l'unique parc national du pays, d'une superficie de 143km2, peu après le village de Zernez. Il n'est pas rare d'y croiser certains animaux indigènes, comme le trop rare gypaète barbu, le seul vautour capable de casser et de digérer des os, aujourd'hui menacé de disparition à cause d'un mythe. Les habitants de ces vallées reculées le soupçonnaient de s'attaquer à leur bétail et même… d'enlever des enfants.

Il a fallu attendre de longues années avant que des scientifiques prouvent définitivement que le gypaète barbu est un charognard qui intervient tout à la fin de la chaîne alimentaire, s'attaquant aux carcasses des cadavres. Des couples de gypaètes barbus sont aujourd'hui réintroduits dans la région.


Canton des Grisons