Le Romanche

L'Engadine dans les Grisons Cousine éloignée de l'italien et du français, saupoudrée de quelques accents germaniques, cette langue romane - du groupe rhéto-roman - regroupe en fait cinq langues différentes, possédant chacune une forme orale et écrite :

Le "Sursilvan" : majoritaire, près de 14'000 personnes le parlent dans la région du Rhin antérieur. Le "Vallader" : 5000 locuteurs en Basse-Engadine. Le "Puter" : 2300 locuteurs en Haute-Engadine. Le "Surmiran" : 2000 locuteurs dans les vallées de l'Albula et du Julier. Le "Sutsilvan" : minoritaire, 570 locuteurs seulement dans la vallée du Rhin postérieur.

Ainsi, un seul mot se traduit-il de 5 manières, ressemblantes mais différentes. Par exemple, "poule" se dira : "gaglina" en sursilvan, "giallina" en vallader, "gillina" en puter, "gagligna" en surmiran, "gagliegna" en sutsilvan et "giaglina" en rumantsch grischun.

Le 20 février 1938, ce patois de l'Engadine, est reconnu, sous l'appellation "romanche", comme l'une des quatre langues nationales suisses, mais ses locuteurs doivent attendre la ratification populaire du 10 mars 1996 pour que cette langue soit définitivement considérée comme "officielle" au niveau fédéral.

La littérature d'expression romanche se développe tard, étouffée par la domination des langues allemande, française et italienne. Ce n'est qu'au 19e siècle que le romanche trouve ses ambassadeurs culturels tels Conradin de Flugi, Huonder ou Muoth et plus tard Peider Lansel et Fontana. Ils décrivent la nature stupéfiante de leur région mais fédèrent aussi les romanches autour d'une identité commune.

Irrémédiablement, cette langue s'oublie chaque année un peu plus. En une décennie, elle a perdu 15% de ses locuteurs. Aujourd'hui, seuls 60'000 personnes parlent encore le romanche, dont 35'000 en tant que première langue.


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