Coucou la Suisse au Jura


Le canton du Jura

Notre nain de jardin fugueur, Peter, part aujourd'hui à la découverte du canton du Jura. Le Jura, c'est un petit canton romand qui partage ses frontières avec la France d'un côté et la Suisse allemande de l'autre. Nous sommes dans une région de petites montagnes que l'on appelle l'arc jurassien ; là où l'hiver n'est pas pressé de repartir...

Les Bois (Jura) Le Jura entretient une véritable histoire d'amour avec les chevaux. C'est d'ailleurs le berceau d'une race particulièrement robuste : les chevaux des Franches-Montagnes. Ce sont des chevaux de trait, qui aidaient les agriculteurs dans les champs. Et depuis l'apparition du tracteur, ils deviennent de plus en plus rares.

Alors, pour éviter que les vieux chevaux inutiles finissent à la boucherie, un passionné a eu l'idée de créer un home pour chevaux. Et l'idée était plutôt bonne, puisque aujourd'hui, 3 homes accueillent près de 200 chevaux dans le seul petit canton du Jura.

Le plus jeune a 18 ans et le plus âgé : 32 ans. Tous ont eu une vie bien remplie : dans une ferme, sur les champs de course ou dans un manège.

Aujourd'hui, tous ces chevaux profitent enfin d'une retraite méritée dans ce home 5 étoiles : nourriture de qualité, massages, physiothérapie, manucure. Ces papys et ces mamys chevaux se font plaisir.




9 heures et demi, c'est le moment que tous les chevaux attendent. Les responsables du home appellent cela un "retour aux racines". Tous les chevaux de "Maison Rouge" sortent de leurs boxes et se retrouvent, ensemble, dans un énorme champ. Ils retrouvent une vie de troupeau, comme à l'état sauvage. Et croyez-moi, les chevaux ont une vie sociale très animée : il y a les copains inséparables, les ennemis jurés, les couples qui se bécottent, les Don Juan qui ne supportent pas la concurrence… un peu comme nous finalement.

Et puis, il y a les drames. Ou plutôt la vie qui continue. Puisque tous ces chevaux s'en iront, un jour. Les responsables du home veulent éviter la souffrance, à tous prix. Alors, lorsqu'un cheval souffre, il faut prendre une décision et parfois, le "délivrer", comme ils disent ici. Une piqûre endort le cheval qui s'en va, sans douleurs. C'est le quotidien, parfois difficile, des employés de la "Maison Rouge".

Saint-Ursanne (Jura) Les hautes collines jurassiennes cachent des trésors. Des villages magnifiques où le temps semble s'être arrêté. A en croire les Jurassiens, le village le plus beau du canton, c'est Saint-Ursanne.

Ce petit village ne date pas d'hier, puisqu'au 7e siècle déjà, il était habité. Dans les petites ruelles pavées, on se croit au temps des chevaliers et des princesses. Et Saint-Ursanne cache une autre merveille, derrière ses maisons collées les unes aux autres : la majestueuse rivière du Doubs.

A cette époque, la rivière est plutôt calme. Mais bientôt, elle gonflera et grondera dans le petit village. Le Doubs prend sa source en France, à quelques pas de là. Il parcourt plus de 400 kilomètres avant de se jeter dans une autre grande rivière française, la Saône. En Suisse, le Doubs ne fait qu'un passage, une petite boucle et puis s'en va. Alors, quel plaisir de pouvoir l'observer à Saint-Ursanne, sur le charmant pont en pierre qui relie le vieux village et les nouveaux quartiers.

Delémont, c'est la petite capitale du petit canton du Jura. Avec ses presque 12'000 habitants, c'est la ville la plus peuplée du canton, mais petite ville quand même, où l'on trouve ses repères.

Mais Delémont n'a pas toujours été la capitale du Jura. Car il y a plus de 35 ans, le Jura n'existait tout simplement pas.

A l'époque, toute la région faisait encore partie du grand canton de Berne. Mais cela ne se passait pas très bien, entre les Jurassiens, romands et le reste du canton de Berne, suisse-allemand. Les Jurassiens ont donc demandé la création d'un nouveau canton, le Jura, qui voit le jour en 1979. Le Jura, c'est donc le plus jeune canton suisse.

Taxidermie à Vicques (Jura) A quelques minutes de Delémont, l'arche de Noé nous attend dans le petit village de Vicques.

L'arche de Noé, ou plutôt l'arche de Christian. Christian, c'est lui et son métier, c'est taxidermiste. Le taxidermiste empaille les animaux. Et en presque 20 ans de métier, Christian a réuni une impressionnante collection : plus de 3000 animaux provenant 5 continents.

Son métier de taxidermiste, Christian l'exerce à l'abri des regards indiscrets, dans son atelier. C'est ici que le corps inerte de l'animal va reprendre forme… presque vie.

Chaque année, 5'000 personnes viennent ici visiter la collection de Christian. Il commence à se sentir vraiment à l'étroit chez lui, avec ses 3000 animaux. Alors Christian a le projet d'ouvrir un musée, ou plutôt un bateau géant, qui accueillerait tous ces animaux et qu'il appellerait naturellement l'arche de Noé. Christian s'active, il lui reste plus de 3000 espèces animales à empailler d'ici l'ouverture.

Déjà, la nuit enveloppe les collines du Jura. Peter baille, normal. C'est l'heure à laquelle les nains de jardin redeviennent… des nains de jardin.

Texte complet de l'émission "Coucou la Suisse - Canton du Jura"


Le canton du Jura (JU) en Suisse

Le canton du Jura reprend le nom du massif qui l'abrite, à la frontière française au Nord, neuchâteloise à l'Ouest et bernoise à l'Est. Si on parle de "Jura vaudois", "Jura neuchâtelois", "Jura soleurois" ou "Jura bâlois", le "Jura-tout-court" définit ce petit canton tout au Nord de la Suisse, formant une pointe qui s'enfile en Alsace et en Franche-Comté françaises. Pays de hautes collines et de petites montagnes, ses crêtes se cachent sous un tapis de conifères et de pâturages, culminant à 999 m. d'altitude au mont Terri.

Plus que toute autre région suisse, le Jura fut chahuté par l'histoire, tour à tour dominé par le roi de Bourgogne (999), le Saint Empire romain germanique (1032), la toute nouvelle République française (1793) et le canton de Berne (1815). Ainsi, le Jura (terme générique définissant largement le massif jurassien) est-il morcelé en plusieurs zones linguistiques ; au Nord-est à la frontière française, les habitants continuent à parler français tandis qu'au Sud qui borde le grand canton de Berne, la population s'exprime en allemand.

Drôle de particularité pour une aussi petite région qui ne tarde pas à connaître ses premières tensions entre francophones et germanophones, aboutissant en 1947 à la constitution du "Mouvement autonomiste jurassien", groupement de citoyens et d'élus qui revendique l'indépendance du Jura francophone. Ses militants mènent une lutte pacifiste et intelligente, pleine d'humour qui aboutit en 1978 à un vote populaire historique : tous les citoyens suisses sont appelés à se prononcer sur la création d'un nouveau canton, le 26e de la Confédération suisse, le "Jura". Il regrouperait les communes francophones jurassiennes aujourd'hui gérées par le canton de Berne.

Le peuple suisse dit oui, mais l'histoire connaît un nouveau rebondissement. Certaines communes, pourtant francophones, du Jura bernois refusent de rejoindre le nouveau canton et revendiquent leur appartenance au grand et riche canton de Berne. A l'issue une procédure unique, le "Jura" est finalement divisé en deux ; seule la moitié Nord accède à l'indépendance et obtient le statut de canton autonome (districts de Delémont, Porrentruy et des Franches-Montagnes) tandis que le Sud reste rattaché au canton de Berne (districts de Courtelary, Moutier et La Neuveville).

Pour la majorité des indépendantistes, cette solution n'est pas satisfaisante et des mouvements tels que le Groupe Bélier (en opposition aux "Sangliers" du Jura bernois) ou le Mouvement Autonomiste jurassien continuent à revendiquer - toujours pacifiquement - la réunification de tout le Jura francophone.

En 1977, le peuple jurassien approuve sa première constitution cantonale et le canton du Jura entre officiellement dans le Confédération helvétique en 1979. Aujourd'hui, 83 communes réparties en trois districts composent ce petit canton. Avec une superficie de 839km2, c'est le 12e canton suisse au vu de sa taille.

Chaque année, le Mouvement autonomiste jurassien organise les festivités de la commémoration du 23 juin 1974, en quelque sorte la "Fête nationale" jurassienne. Les participants y chantent l'hymne officiel de la République et canton du Jura, la "Rauracienne".


La Rauracienne, hymne cantonal jurassien

Les paroles de cet hymne jurassien furent composées par Xavier Stockmar et sa musique par M. Beuchat. Symbole de la lutte indépendantiste, la "Rauracienne" est aussi vieille que les revendications des jurassiens francophones. Elle fut chantée pour la première fois en 1830, lors d'une rencontre de l'opposition libérale à Porrentruy. Il fallut attendre le 21 juin 1990 pour qu'elle accède au statut d'hymne officiel de la République et Canton du Jura.

Du lac de Bienne aux portes de la France
L'espoir mûrit dans l'ombre des cités;
De nos cœurs monte un chant de délivrance,
Notre drapeau sur les monts a flotté!
Vous qui veillez au sort de la patrie,
Brisez les fers d'un injuste destin!

Unissez-vous, fils de la Rauracie Et donnez-vous la main, et donnez-vous la main!

Si l'ennemi de notre indépendance
Dans nos vallons veut imposer sa loi,
Que pour lutter chacun de nous s'élance
Et dans ses rangs jette le désarroi!
D'un peuple libre au sein de l'Helvétie
Notre passé nous montre le chemin.

Unissez-vous, fils de la Rauracie Et donnez-vous la main, et donnez-vous la main!

Le Ciel fera germer notre semence,
Marchons joyeux, c'est l'heure du Jura!
Demain nos cris, nos chansons et nos danses
Célébreront la fin de nos combats,
Et dans la gloire au matin refleurie
Nous chanterons un hymne souverain.

Unissez-vous, fils de la Rauracie Et donnez-vous la main, et donnez-vous la main!

Informations pratiques

Superficie

839 km2

Population

70'942 habitants

Chef-lieu

Delémont

Langue officielle

Français


Canton du Jura