Coucou la Suisse à Uri


Le canton d'Uri

Notre nain de jardin fugueur, Peter, part aujourd'hui à Uri, Suisse centrale. Centrale, parce que c'est précisément au centre du pays. Pas la porte d'à côté, mais finalement pas si loin de chez nous. Nous voilà déjà à Altdorf, le chef-lieu du canton. Altdorf, paisible bourgade de 8000 âmes, à 460 m d'altitude.

Statue de Guillaume Tell à Altdorf Au centre du village, les maisons se serrent les unes aux autres, pour le meilleur et parfois pour le pire. A plusieurs reprises, les flammes ont dévasté la vieille ville, attisées par des vents violents. Et aujourd'hui encore, les soirs de tempête, des guets surveillent le moindre départ d'incendie.

Mais Altdorf, c'est d'abord et avant tout la ville de Guillaume Tell. Et les touristes du monde entier s'arrêtent sur la place du village prendre une photo de la statue.

Notre nain de jardin comme les autres… n'a-t-il pas fière allure ?

Pour l'histoire, c'est sur cette place précisément que Tell dut viser à l'arbalète la pomme posée sur la tête de son fils. La fin, on la connaît. Tir superbe, dans le mile. La Suisse s'apprête à gagner son indépendance.




A Altdorf, Guillaume Tell ne faisait que son marché. Il et né et a vécu plus haut dans la montagne, à Bürglen, village voisin.

Authentique Bürglen, avec son église, son auberge et sa statue de Guillaume Tell. Ici, pas de cars de touristes, pas d'appareils photos. Personne, ou presque, ne sait que Bürglen, c'est la vraie patrie de Guillaume Tell.

Et personne ou presque ne sait où est mort le héros. Peter nous y emmène.

La route grimpe un peu plus, nous arrivons dans la vallée du Schächen, au-dessus d'Altdorf et de Bürglen.

Un paysage sauvage, quasi inhabité, la tombe de Guillaume Tell. Puisque c'est en sauvant un enfant de la noyade que notre héros suisse perd la vie, dans les eaux glacées et tumultueuses du Schächen.

Guillaume Tell s'en va, mais la légende reste. Même si personne n'a jamais pu prouver son existence, cette histoire, vieille de plus de 700 ans, continue à traverser les générations. Et ici plus qu'ailleurs, on y croit très, très fort.

La petite route longe maintenant les rives du Lac des Quatre Cantons.

Avec ses 114 km2, c'est le 2e plus grand lac entièrement suisse. Le canton d'Uri le partage avec ses voisins et amis de Schwyz, Nidwald et Lucerne.

Et Uri s'est approprié le bras du lac qui descend tout au sud et l'a renommé très simplement le lac d'Uri.

Lac des Quatre-Cantons à Uri Dans les environs de Sisikon, le panorama devient époustouflant. Ça mérite bien une petite pause café, et tant qu'on y est … petite pause gâteau. De toutes façons, pas le choix : pour observer la vue, c'est consommation obligatoire.

Puis le sentier descend, abruptement. On découvre alors une curieuse installation de tiges métalliques et de cloches, pas vraiment belle, on vous l'accorde, mais impressionnante, puisque c'est le plus grand carillon du monde ! Et un carillon, ça carillonne. Quelques minutes avant chaque heure, les visiteurs choisissent sur cette borne le morceau qu'ils souhaitent entendre. Et avec Peter, on sélectionne patriotiquement notre hymne national suisse.

En poursuivant notre balade sur les rives du lac d'Uri, on atteint les environs de Bauen. Nous sommes au sud, très au sud, les frontières du Tessin ne sont pas loin. Et déjà, le climat est magique.

La route s'arrête à l'entrée du village de Bauen. Et subitement, nous ne sommes plus en Suisse, mais quelque-part aux Caraïbes. Palmiers, bananiers ou pins s'épanouissent ici toute l'année, profitant d'un ensoleillement privilégié.

Mais déjà, l'appel des montagnes est le plus fort. Nous quittons le lac pour nous engouffrer dans les Alpes, aux sommets vertigineux, qui restent enneigés, même en plein mois d'août.

Les habitants d'Uri ont défié la nature pour franchir ces obstacles et créer un véritable réseau routier. L'exemple le plus frappant est érigé à quelques kilomètres du village de Göschenen.

En 1237, la route s'arrêtait ici. Il était alors impensable de franchir les redoutable gorges des Schöllenen, traversées par l'indomptable rivière de la Reuss. Trop profond et trop dangereux. C'est le Diable en personne qui propose son aide et demande en échange un sacrifice : l'âme de la première personne qui franchira le pont. Les habitants d'Uri ont de la suite dans les idées et c'est finalement un bouc têtu qui traversera le premier l'édifice, le Diable a trouvé plus malin que lui.

La légende reste gravée dans les pierres du Pont, que les habitants appellent "Le Pont du Diable".

Au bout de la route, le canton d'Uri se termine dans un tunnel, le plus long tunnel routier du monde, celui du Gothard. Après 16,9 kilomètres sous terre, c'est déjà le Tessin.

Ici se termine notre balade à Uri, à l'heure à laquelle les nains de jardin redeviennent… des nains de jardin.

Texte complet de l'émission "Coucou la Suisse - Canton d'Uri"


Informations pratiques

Superficie

1'076,6 km2

Population

35'693 habitants

Chef-lieu

Altdorf

Langue officielle

Allemand